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  • Conseils d’atelier

Optimiser l’espace d’un utilitaire : la méthode d’atelier

5 min de lecture

Alléger, monter en hauteur, rendre accessible, arrimer : les quatre gestes qui font gagner de la place dans une camionnette, avec les équipements qui les rendent possibles.

Optimiser l’espace d’un utilitaire : la méthode d’atelier

Un utilitaire mal rangé coûte jusqu’à une heure par semaine à celui qui le conduit. Le volume n’y est presque jamais pour quelque chose : sur un Trafic L2 comme sur un Master L3, c’est la manière d’occuper le volume qui décide. Voici la méthode que nous appliquons à Francorchamps, dans l’ordre où nous l’appliquons vraiment, du premier tri au dernier point d’arrimage.

Premier geste : sortir ce qui ne sert pas

La place se gagne d’abord en enlevant. Avant tout plan d’aménagement, nous demandons au professionnel de vider son véhicule et de ne remettre que ce qu’il a utilisé le mois précédent. Le résultat surprend à chaque fois : chutes de matériaux gardées « au cas où », outillage en double, consommables périmés. Ce tri libère du volume, mais surtout de la charge utile, et un véhicule allégé consomme moins sur des tournées faites de démarrages et d’arrêts.

Deuxième geste : monter le stockage en hauteur

Le sol d’une camionnette est la surface la plus disputée : c’est là qu’on marche, qu’on pose et qu’on charge le volumineux. Tout ce qui peut être stocké en hauteur doit y monter. Un rayonnage sur toute la longueur d’un côté, avec des tablettes réglables, libère un couloir central utilisable. Ce qui ne rentre pas à l’intérieur passe sur le toit : les galeries et barres de toit accueillent échelles, tubes, profilés et gouttières, et rendent le plancher aux caisses et aux machines.

Technicien en t-shirt orange manipulant une étagère rabattable montée sur la paroi intérieure d’un fourgon

Troisième geste : classer par fréquence, pas par famille

C’est l’erreur la plus courante. On range « la plomberie ensemble, l’électricité ensemble », alors que le bon critère est le nombre de fois où l’on prend l’objet par jour. Ce qui sert dix fois par jour se prend d’un geste depuis la porte latérale, à hauteur de main. Ce qui sert une fois par mois va en hauteur ou au fond. C’est cette règle, appliquée à un métier précis, qui distingue un aménagement sur mesure d’un rayonnage acheté au mètre.

Trois familles d’équipement rendent ce classement possible dans un volume contraint :

  • Les blocs-tiroirs à sortie totale, 40 à 50 kg de charge, avec blocage en ouverture et en fermeture : la visserie et les petites pièces se rangent par référence et se retrouvent par référence
  • Les étagères rabattables Store Van, qui se replient contre la paroi pour libérer la largeur le jour où il faut charger un volume encombrant
  • Le système extractible horizontal, qui fait sortir la tablette hors du véhicule : le technicien voit tout son matériel depuis le trottoir, sans monter à l’intérieur
Fourgon bleu portes arrière ouvertes sur un rayonnage aluminium à étagères et panneaux perforés

Quatrième geste : arrimer tout ce qui reste libre

Un objet non arrimé est un projectile au premier freinage brusque, et le contrôle technique regarde ce point. Les rayonnages que nous posons sont homologués ECE-R17, la norme européenne qui teste la tenue d’un aménagement en collision, et validés par crash-test TÜV SÜD. Pour ce qui ne se range pas dans un tiroir, machines, bonbonnes, matériaux longs, nous posons des barres d’arrimage Airline, des sangles et des tapis antidérapants. Une cloison pleine entre la cabine et la zone de chargement complète l’ensemble, et protège le conducteur.

Le chargement lourd mérite sa propre solution

Charger une machine de 80 kg à bout de bras use les dos et abîme le matériel. Les rampes de chargement, dimensionnées selon la charge et la hauteur de seuil, rendent l’opération faisable seul et sans effort. Elles s’adaptent aux utilitaires courants, Renault Master, Renault Trafic, Peugeot Expert, Ford Transit ou Mercedes Sprinter, et se rangent dans le véhicule entre deux usages. Pour un menuisier qui manipule des panneaux ou un installateur qui transporte une machine, c’est souvent l’équipement qui change le plus la journée.

Montage de quatre vues d’un plateau extractible chargé d’un groupe électrogène, sorti hors de la zone de chargement

L’aménagement se conçoit par métier

Un électricien transporte du touret de câble et beaucoup de petites pièces : il lui faut des tiroirs à séparateurs et un support de bobine. Un plombier embarque des tubes de trois mètres et des appareils lourds : il lui faut des racks latéraux et un plancher renforcé. Un menuisier charge des panneaux plats et des machines : il lui faut de la surface libre au sol, un arrimage vertical et une rampe. Le même véhicule, aménagé pour l’un, sera inconfortable pour l’autre. C’est pour cette raison que nous partons toujours d’une tournée type, jamais d’un catalogue.

L’électricité embarquée prolonge la journée de travail

Un utilitaire bien rangé qu’on ne peut pas utiliser après 17 h en décembre reste un utilitaire à moitié équipé. L’éclairage LED de la zone de chargement, déclenché à l’ouverture des portes, est l’équipement au meilleur rapport entre son prix et le temps qu’il fait gagner : plus personne ne cherche à la lampe de téléphone. Au-delà, une batterie auxiliaire avec coupleur-séparateur permet d’alimenter les appareils sans toucher à la batterie de démarrage, et un circuit 230V rend possible la recharge des machines pendant le trajet plutôt que le soir à l’atelier.

Les besoins réels tiennent en quelques postes : éclairage intérieur, prises de recharge pour l’outillage sans fil, support de tablette ou de téléphone avec alimentation, et selon le métier un projecteur de zone orientable pour éclairer le point d’intervention. Ces éléments se câblent proprement pendant l’aménagement, quand les parois sont ouvertes. Ajoutés après coup, ils se traduisent par des câbles apparents, des dominos sous une banquette et une consommation qu’on ne maîtrise plus.

Un aménagement modulaire se complète au fil de l’activité

Une activité change : un métier se spécialise, une équipe s’agrandit, un outil remplace deux autres. Les systèmes modulaires se complètent sans démonter l’existant, avec des portes, des bacs ou des tiroirs supplémentaires, et l’ensemble se transfère sur le véhicule suivant. Prévoir cette évolution à la conception coûte quelques centimètres de réserve ; ne pas la prévoir coûte un aménagement neuf.

Les questions qui reviennent avant un aménagement

Combien coûte l’aménagement d’une camionnette ?

Une configuration de rayonnages modulables démarre autour de 2 000 € HT, posée en 1 à 2 jours. Les transformations complètes, avec fabrication sur mesure, électricité et homologation, montent jusqu’à 80 000 € HT et jusqu’à 8 semaines d’atelier.

Faut-il acheter le véhicule avant de penser l’aménagement ?

Non. Nous concevons l’aménagement en 3D avant la commande du véhicule, ce qui permet de vérifier que la longueur et la hauteur choisies suffisent, et d’éviter d’acheter un gabarit trop juste ou trop grand.

L’aménagement fait-il perdre la garantie du constructeur ?

Non, quand il est réalisé sous agrément. Nous détenons l’homologation de deuxième phase, l’agrément constructeur qui permet de modifier un véhicule sans perdre sa garantie, depuis 2007.

L’aménagement se transfère-t-il sur le véhicule suivant ?

Les modules Store Van sont amovibles et se remontent sur un nouveau gabarit avec un plan ajusté. Les éléments fabriqués sur mesure et les intégrations électriques restent, eux, propres au véhicule.

Combien de temps le véhicule reste-t-il immobilisé ?

Un aménagement modulaire se pose en 1 à 2 jours, ce qui tient dans un week-end prolongé pour un indépendant qui ne peut pas arrêter son activité. Les transformations plus lourdes se planifient à l’avance, avec une date d’entrée et une date de sortie fixées au devis.

Nous aménageons entre 1 000 et 1 500 véhicules par an dans notre atelier de Francorchamps, toutes marques confondues, et plus de 10 000 sont passés entre nos mains en plus de 25 ans. Décrivez-nous votre métier et votre véhicule : nous revenons sous 48 h ouvrées avec un plan 3D et un budget.

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